Philippe Bugada

Équipeur, jadis responsable associatif, BE escalade indépendant encore en activité, j’ai produit mon premier topo il y a 25 ans, déjà pour le Comité Départemental du Var. Il y en a eu quelques autres depuis, lesquels ont contribué à apporter quelques moyens au comité, entre-temps devenu territorial. Voilà comment de fil en aiguille je me suis retrouvé à l’interface entre les propriétaires des sites, les institutions, les équipeurs, les environnementalistes et les grimpeurs, notamment dans l’est varois.

Comme pour bien d’autres acteurs au service de nos falaises, agir pour privilégier le consensus et arrondir les angles entre des points de vue souvent difficiles à concilier a été ma principale préoccupation, au cours de ce quart de siècle écoulé. Alors, évidemment, comme eux, je suis sidéré autant qu’attristé par ce gâchis fédéral, sur le fond et bien plus encore sur la forme. Pour quelques euros de prime d’assurance nous dit-on ? Quand on n’aime pas, on compte : en voici bien la preuve…

Probablement un brin utopiste, je crois encore qu’en invitant tous les acteurs de bonne volonté autour d’une table (et ils sont nombreux dans et hors de nos fédérations), de véritables engagements intelligents, responsables, solidaires et durables pourront voir le jour, sauver les sites naturels d’escalade de notre pays et surtout, forger dans la solidarité une véritable communauté trans-fédérale. C’est avant tout ce que ce que j’espère des EGESN : qu’ils contribuent à sortir le monde de l’escalade des clivages, de ce moyen-âge relationnel ! C’est pour cela que j’apporte mon soutien au collectif. On peut lui trouver bien des défauts, mais il me semble impartial et ouvert, accorde de la considération à tous les acteurs quelle que soit leur « obédience », ne poursuit pas d’autres buts ni d’autres intérêts que la préservation de notre patrimoine escalade dans le respect de la diversité des pratiques, et, par dessus tout, aucun de ses membres ne cherche à trans-normer nos sites naturels en « établissements recevant du public ». Et rien que cela lui donne, à mes yeux, une formidable légitimité : eux, au moins aiment et quand on aime, on ne compte pas, on se donne les moyens.