L’espèce humaine grimpe depuis toujours et pour de multiples motivations. Grimper c’est voyager dans la dimension verticale avec notre corps. Les extrémités de nos membres sont en contact avec la matière. La partition minérale est là et c’est nous qui l’interprétons. Chaque grimpeur a sa signature.


Escalader c’est aller au sommet d’une voie que l’on choisit. Nous pratiquons l’escalade artificielle, l’escalade libre, l’escalade sportive, l’escalade en terrain d’aventure, en salle, l’escalade de compétition, la danse-escalade, l’escalade poétique, l’escalade urbaine, l’escalade libérée… Il y a des escalades.


L’escalade est une pratique qui évolue avec son temps. Notre communauté de grimpeurs s’encorde de valeurs qui font consensus ou pas…. L’escalade est une pratique culturelle.


Nous grimpons et nous nous sentons appartenir à la nature. Nous partageons cette aventure verticale avec nos compagnons de cordée sans limite d’âge, de genre, de morphologie, de niveau ou d’expérience. En bas nous poursuivons ce partage et nous continuons à faire cordée. Le partage est notre vrai sommet.



La conquête est une valeur pilier de notre civilisation. Notre langage et nos mythologies sont édifiées autour de la survalorisation du Haut. Escalader participe à promouvoir cet imaginaire. Nous portons une responsabilité symbolique. Mais l’escalade c’est aller au sommet et revenir. L’ascension est une prise de position et notre descension une prise de conscience.


Des difficultés sociales surplombent la diversité de l’escalade. Des choix collectifs d’itinéraire sont à prendre. L’avenir de l’escalade est dans la capacité à s’adapter. Prenons le temps de faire relai pour se projeter vers un sommet plus humain. Nous devons prendre des risques et développer l’esprit de cordée. Rêvons que toute la communauté des escalades s’encorde ensemble pour créer de nouvelles voies.

Verticalement
Antoine Le Menestrel

0 Partages